Voici qui je suis: Une femme

Standard

Écrit par Vanessa

image 6

Cher dimanche 8 mars,

Toi qui est là pour nous faire souvenir d’où je viens.

Voici qui je suis.

Il y a eu ma naissance, le rose et les poupées. Tout était si féminin! J’ai grandis sans comprendre les différences : « Ne rit pas fort! », « Les petites filles s’assoient comme ça », « Tient, Barbie c’est pour toi. » Pourtant c’était flagrant que dans ce qu’il n’y avait aucune importance pour moi, il y en avait une très grande pour les adultes.

J’ai grandis et je suis devenue une adolescente. Les paroles de ma mère raisonnent dans ma tête plus que jamais : « Ton grand-père disait qu’une femme doit étudier, qu’elle doit être autonome, apprendre à cuisiner pour elle et pas pour son homme. » Un homme du Pérou, un grand-papa décédé bien avant ma naissance, un homme d’autrefois aux paroles incompréhensibles pour une jeune fille de 14 ans qui en réalité, ne connaissait absolument rien à l’histoire des femmes.

J’ai eu une mère dévouée à ses enfants et qui tient à cœur son travail domestique. Elle l’est toujours d’ailleurs. Je l’ai toujours vu travailler fort car pour moi c’est un travail ardu(MERCI MAMAN!) Mon père était très présent –sans lui enlever tout ce qu’il a fait pour nous- mais j’ai une très grande admiration pour les mamans multitâches de ce monde. Adolescente, j’ai observé et écouté ce qu’on me disait et j’avais peur. Mes frères eux, aucun discours. Je me dis aujourd’hui que ma mère devait sans doute craindre pour mon sexe et je lui donne toute la raison

À 21 ans, j’ai voyagé. J’ai connu ma famille et mes terres d’origines. Un choc culturel? Surement pas. J’avais été préparé dans mon enfance. Les rues sont bondées de femmes! À l’heure du midi elles courent les rues et les autobus avec les repas fraichement cuisinés pour les hommes si travaillant. J’ai vu de plus près la pauvreté, les hommes trop macho, les contraceptifs encore mal tolérés -par les hommes surtout- et ces nombreux récits de violence conjugale acceptés par les cadres policiers –qui souvent, eux aussi sont des hommes. J’ai compris les fléaux sociaux, les différents enjeux et pourtant je n’avais jamais vu qu’être une femme était si risqué.

J’ai fait mon entrée à l’université. J’ai eu la chance de m’inscrire au cours d’introduction à la pensée féministe. Je comprenais enfin que des femmes avaient luttées : plusieurs mouvements féministes en Amérique du Nord. Assise dans mon cours, tout prenait considérablement un sens. Tient! Autrefois, je n’aurais pas eu le droit de voter (des femmes ont lutté) et le port du pantalon était mal vu (des femmes l’ont portées!)

A 24 ans, je comprend qu’au Québec comme ailleurs, les jeunes filles et les femmes ont différents besoins et mes idées vont dans ce sens-là: leur répondre tout simplement, les guider et les outiller.

C’est ironique mais je suis contente que mon premier contact avec la lutte des femmes  ait été un homme. Malheureusement, je n’ai pas connu mon grand-père mais son savoir m’a appris à grandir à l’intérieur de ce mouvement et à avoir confiance aux femmes comme aux hommes car nous avons besoin du sexe allié pour vaincre l’institutionnalisation du patriarcat encore trop enraciné à mon gout.

Je ne prends aucune position dans les courants féministe car je crois que le terme englobe de lui-même, la lutte des femmes dans le monde et c’est ce qui me rend si fière aujourd’hui d’être une femme et une féministe!

Bonne journée à toi, Femme!

Laisser un commentaire